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Découvrir le logiciel Explorez l'interface intelligente de lmnp.ai
Sécurité & données Confidentialité totale. Données chiffrées, hébergées en France
Démo & visite guidée Démonstration de 5 minutes pour maîtriser le logiciel
Amortissements & Assets
Gestion & Fiscalité
Documents & Conformité
Tarifs
Multi-biens illimité
Une gestion scalable de votre patrimoine, sans aucune limite technique.
"Que vous possédiez un seul studio ou un parc de 25 biens, lmnp.ai s'adapte à votre croissance en garantissant une segmentation comptable irréprochable."

Offre Autonomie

179 € /an

Tarif fixe, quel que soit le nombre de biens gérés.

Offre Expert

249 € + 108 €/bien

Accompagnement complet pour tout votre parc immobilier.

Segmentation et conformité légale

Chaque bien et chaque amortissement sont isolés dans votre liasse fiscale, comme l'exige la loi, pour une transparence totale.

Anticipation de la revente

Extrayez instantanément les amortissements excédentaires d'un logement précis lors d'une vente. Évitez ainsi tout "détricotage" fiscal complexe dans 10 ou 15 ans.

Gestion centralisée

Un seul espace pour piloter 1, 10 ou 25 appartements avec la même simplicité de navigation.

Amortissement automatique
Un algorithme basé sur des données réelles pour une décomposition juste.
"Notre algorithme a été construit à partir de factures réelles de construction et de prix de revient constatés sur le marché. Résultat : une décomposition par composants adaptée à chaque typologie de bien (appartement, maison, etc.)."

Données réelles

Basé sur des factures de construction et prix de revient du marché.

Typologie adaptée

Le gros œuvre d'un appartement n'a pas le même poids que celui d'une maison.

Ce que le logiciel traite :

  • Décomposition par composants calibrée selon la typologie du bien (appartement, maison, etc.).
  • Ratios issus de données tangibles : factures de construction, prix de revient réels.
  • Amortissement par composants (Gros œuvre, Toiture, Électricité, Plomberie...).
  • Répartition entre bâti et terrain juste grâce à la méthode de calcul automatique du terrain.
  • Génération d'un tableau synthétique conforme pour votre liasse fiscale.
Durée d'amortissement automatique
Détermination intelligente et fiscale des durées d'amortissement.
"La durée d'amortissement ne se choisit pas au hasard : elle doit refléter la réalité physique du bien et l'état de la construction au moment de la mise en location."

Immobilier Neuf

Données constructeurs

Application des durées d'usage préconisées par l'administration fiscale.

Immobilier Ancien

Calcul algorithmique

Ajustement précis en fonction de l'âge réel du bâtiment, de sa composition et de ses rénovations passées.

Gestion des rénovations

Que votre rénovation soit totale ou partielle, le logiciel ajuste dynamiquement le plan d'amortissement pour chaque composant concerné.

Sécurisation Fiscale

Chaque durée retenue est justifiée par une méthode mathématique vérifiable, garantissant un dossier solide en cas de contrôle.

Statut LMNP et LMP
Une transition fluide et automatique entre les deux régimes.
"Le logiciel surveille vos recettes et vos revenus d'activité pour vous alerter dès que vous franchissez les seuils du statut LMP, gérant ainsi la complexité fiscale à votre place."

Calcul des seuils en temps réel

Vérification automatique des 23 000 € de recettes et de la prépondérance des revenus.

Adaptation des formulaires

Les liasses fiscales (2031/2033) sont automatiquement configurées selon votre statut actif.

Usufruit & Démembrement
Une expertise unique pour les montages en démembrement de propriété.
"Que vous soyez usufruitier par succession ou par donation, lmnp.ai automatise les calculs spécifiques indispensables pour garantir la validité de votre amortissement auprès du fisc."

Valorisation selon l'âge

Nous calculons automatiquement la valeur amortissable de votre usufruit en fonction de l'âge de l'usufruitier au moment de la mise en location.

Durée de vie (Tables INSEE)

Contrairement à un bien classique, la durée d'amortissement de l'usufruit est indexée sur votre espérance de vie statistique d'après les tables de mortalité de l'INSEE.

Conformité totale

Cette méthode technique complexe est parfaitement gérée par notre logiciel pour produire des liasses fiscales 100% conformes.

Note importante

Seul l'usufruitier est concerné par ce module, car lui seul possède le droit de percevoir les revenus locatifs. Le nu-propriétaire ne peut pas louer le logement et n'est donc pas éligible à ce dispositif.

Estimation Valeur Terrain
Un module intelligent pour sécuriser votre base amortissable.
"La valeur du terrain n'étant pas amortissable, son évaluation est le point n°1 contrôlé par le fisc. Notre logiciel automatise cette étape avec une rigueur mathématique."

Méthode Forfaitaire

Grandes métropoles

Calcul basé sur les usages comptables admis dans les zones denses sans foncier constructible.

Méthode au Réel

API & Partenaires

Évaluation précise via des comparatifs de terrains constructibles équivalents.

Monopropriété & Copropriété

Traitement mathématique et tangible adapté à chaque structure juridique pour une précision accrue.

Sécurité Fiscale

Répondez sereinement à toute demande de l'administration grâce à une méthode logique et documentée.

Inclus toutes offres

Ce module de sécurisation est accessible sans surcoût en offre Autonomie comme en offre **Expert Comptable**.

Frais administratifs (Notaire/Agence)
Arbitrage stratégique entre Amortissement et Charge.
"Les frais d'acquisition (notaire, agence, charges acquéreur) représentent un levier fiscal majeur dès la première année d'exploitation de votre bien."

Offre Autonomie

Liberté totale : choisissez de passer ces frais en charge immédiate (pour créer un déficit) ou en amortissement (pour étaler l'avantage).

Offre Expert-Comptable

L'expert analyse votre situation globale pour valider l'option la plus rentable sur le long terme.

Permanence des méthodes

Important : Une fois le choix appliqué pour votre premier bien, la réglementation impose de conserver la même méthode pour tous vos actifs suivants. Notre logiciel gère cette cohérence automatiquement.

Conseil Fiscal

Le passage en charge immédiate efface l'impôt dès la 1ère année, mais un déficit n'est reportable que 10 ans. Si vos amortissements annulent déjà votre résultat, préférez l'amortissement des frais : ils basculeront en amortissements excédentaires, reportables sans aucune limite de temps.

Liasse fiscale complète (PDF)
Générez vos documents officiels en un clic.

Formulaires 2031 & 2033

Inclut toutes les annexes obligatoires (A, B, C, D, E).

Documents générés :

  • Formulaire 2031 (Bénéfices)
  • Bilan simplifié (2033-A)
  • Compte de résultat (2033-B)
  • Amortissements (2033-C)
  • Relevé de provisions
  • Valeur ajoutée (2033-E)
Télétransmission EDI directe
Envoyez votre déclaration aux impôts sans quitter le logiciel.
"Vos liasses fiscales sont transférées aux impôts par EDI (Échange de Données Informatisé), le format officiel attendu par l'administration."

Suivi en temps réel

Grâce à notre partenaire tiers certifié, suivez l'acheminement de votre déclaration en direct jusqu'à sa validation par le fisc.

Confirmation automatique

Une fois votre liasse acceptée, vous recevez instantanément par mail votre attestation de dépôt officielle.

Tiers de confiance

L'utilisation du protocole EDI-TDFC garantit la sécurité et l'irréversibilité de l'envoi, remplaçant avantageusement la saisie manuelle sur impots.gouv.fr.

Aide à la déclaration IR (2042)
Ne faites aucune erreur sur votre déclaration personnelle.
"Une fois que votre liasse fiscale a été acceptée par les impôts, vous accédez à un guide PDF d'aide automatique pour finaliser votre déclaration personnelle."

Guide PDF Automatique

Téléchargez un document clair vous expliquant simplement comment reporter vos revenus, bénéfices et déficits meublés dans votre déclaration d'impôt.

Autonomie & Sérénité

Réalisez votre déclaration personnelle 2042-C-PRO en toute simplicité et avec la certitude d'être parfaitement conforme aux attentes fiscales.

Simple & Efficace

Le logiciel traduit vos données comptables complexes en instructions de saisie case par case pour votre espace impots.gouv.fr.

LMNP Saisonnier & Cotisations
Une gestion intelligente des seuils et des régimes sociaux.
"Le logiciel détecte automatiquement vos revenus saisonniers (Airbnb, Booking) et vous aide à arbitrer entre les différents régimes sociaux pour optimiser vos prélèvements déductibles."

Arbitrage Régime

SSI vs Régime Général

Le logiciel adapte le calcul des liasses selon l'option retenue.

Expertise

Simulation de stratégie

RDV expert disponible pour choisir le régime le plus avantageux.

Détection automatique

Identification en temps réel des recettes issues des plateformes de location pour un suivi précis du chiffre d'affaires.

Seuil URSSAF (23 000 €)

Dès que vous franchissez ce seuil, le logiciel gère le basculement des prélèvements sociaux en cotisations sociales professionnelles.

Règle d'irrévocabilité

Selon la position actuelle de l'URSSAF, l'assujettissement aux cotisations sociales dès la première année à plus de 23k€ est définitif, même si vos revenus saisonniers repassent sous ce seuil l'année suivante.

Plus-values professionnelles LMP
Maîtrisez la fiscalité complexe lors de la revente de vos actifs.
"En statut LMP, la revente d'un bien suit des règles professionnelles strictes. Notre logiciel décompose chaque flux pour optimiser votre imposition réelle."

Plus-value Court Terme

Elle correspond au total des amortissements pratiqués. Soumise aux cotisations sociales et à l'IR (sauf exonération automatique calculée par l'outil).

Plus-value Long Terme

Elle porte sur la plus-value économique. Taxée à la Flat Tax (30%) avec des abattements puissants selon la durée de détention.

Art. 151 septies B : Exonération après 15 ans

Pour la plus-value de long terme, bénéficiez d'un abattement de 10% par an à partir de la 6ème année de détention. **Exonération totale après 15 ans**.

Art. 151 septies : Petites entreprises

Si vous êtes LMP depuis > 5 ans avec un CA < 90k€ (moyenne 2 ans), l'impôt sur le revenu est exonéré sur la PV court terme. Exonération partielle entre 90k€ et 126k€.

Règle des 2 ans

Si l'actif est détenu depuis moins de 2 ans, la globalité du gain (même économique) est traitée comme de la plus-value à court terme.

Sous-location professionnelle
Un cadre comptable spécifique et automatisé.
"Notre logiciel est capable de traiter les cadres de sous-location professionnelle, où le loyer payé au propriétaire est une charge mais ne peut être amorti (pas de propriété du bâti)."

Traitement du loyer payé

Le loyer versé à votre propriétaire est traité comme une charge déductible, mais il n'est pas amortissable car le bien n'est pas à votre actif.

Régime réel : souvent optimal

En sous-location, les charges sont structurellement importantes (loyer, assurances, entretien). Le passage au régime réel est donc quasi-systématiquement plus avantageux que l'abattement forfaitaire.

Atout Plateforme

Simplicité d'utilisation : gérez votre activité de sous-loueur avec la même rigueur qu'un propriétaire, en toute conformité fiscale.

Amortissements optimisés
Un moteur algorithmique de pointe pour votre patrimoine.
"Notre moteur décompose chaque bien par composants (gros œuvre, toiture, installations techniques) selon des méthodes mathématiques réelles pour une optimisation fiscale légale sans compromis."

Multi-Typologie

Prise en charge de tous vos actifs : Appartements, maisons, bungalows et même péniches.

Réalité Physique

Calculs basés sur la composition réelle des matériaux et de la construction des logements.

Précision Algorithmique

Une décomposition par composants juste et tangible, adaptée à chaque situation client spécifique.

Sécurité Juridique

Bénéficiez d'une méthode de calcul robuste et documentée, capable de répondre précisément en cas de contrôle fiscal.

Optimisation Légale

Le logiciel cherche systématiquement le meilleur équilibre pour maximiser vos amortissements tout en restant strictement conforme au cadre légal.

Cotisations sociales LMP
Automatisation fiscale pour le passage en professionnel.
"Notre logiciel détecte automatiquement et ajuste la fiscalité ainsi que l'édition de vos liasses en fonction de votre statut, qu'il soit non-professionnel (LMNP) ou professionnel (LMP)."

Calcul par itération en temps réel

Le logiciel calcule en temps réel les cotisations sociales dues au régime SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) et les intègre automatiquement dans votre liasse fiscale comme une charge déductible.

Précision à l'euro près

Cette approche itérative garantit un résultat fiscal net de cotisations parfaitement juste, évitant les surprises en fin d'exercice.

Gain de temps

Plus besoin de simulations manuelles complexes : le moteur lmnp.ai synchronise vos recettes et vos cotisations de manière totalement transparente.

Segmentation précise par bien
Indépendance comptable totale pour chaque actif.
"Gérez un nombre illimité de biens avec la certitude que chaque appartement dispose de sa propre 'bulle' comptable, isolée du reste de votre patrimoine."

Anticipation de la revente

Grâce à notre segmentation interne, vous pouvez isoler instantanément les amortissements excédentaires d'un bien spécifique lors de sa vente.

Zéro "détricotage" comptable

Fini les missions comptables complexes pour extraire l'historique d'un logement parmi d'autres. Tout est déjà cloisonné dans vos formulaires fiscaux (liasses 2033).

Sérénité Totale

Cette rigueur structurelle élimine les risques d'erreurs lors de la cession d'un actif et vous assure un dossier propre, transparent et immédiatement exploitable par votre notaire.

Export Fichier FEC
Garantissez la transparence de votre comptabilité.
"Le Fichier des Écritures Comptables (FEC) est le document pivot de votre comptabilité informatisée, obligatoire en cas de contrôle de l'administration fiscale."

Conformité DGFiP

Chaque exercice clôturé génère automatiquement un fichier FEC strictement conforme aux standards techniques attendus par l'administration.

Disponibilité immédiate

Que vous soyez en offre Autonomie ou Expert Comptable, accédez à vos archives FEC à tout moment pour répondre sereinement à un audit.

Sécurité Juridique

Le FEC est le seul document permettant de prouver la chronologie et l'irréversibilité de vos écritures comptables. C'est votre bouclier en cas de vérification.

Validation par Expert
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre activité de loueur en meublé. Le logiciel lmnp.ai assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Accusé de réception DGFiP
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre activité de loueur en meublé. Le logiciel lmnp.ai assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Plan d'amortissement PDF
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre activité de loueur en meublé. Le logiciel lmnp.ai assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Facturation automatique
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre activité de loueur en meublé. Le logiciel lmnp.ai assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.
Simulations sauvegardées
Détails et informations complémentaires.
Cette fonctionnalité permet une gestion rigoureuse et automatisée de votre activité de loueur en meublé. Le logiciel lmnp.ai assure la conformité de chaque calcul et la génération de documents professionnels prêts pour l'administration fiscale.
  • Interface intuitive et ergonomique pensée pour les investisseurs.
  • Calculs en temps réel avec mise à jour automatique des seuils fiscaux.

Mis à jour : février 2026 (loi ELAN, loi Le Meur, loi résidences à vocation d'emploi 2025)

Bail mobilité 2026 : guide complet loi ELAN, conditions et stratégie propriétaire

Le bail mobilité est un contrat de location meublée courte durée (1-10 mois) créé par la loi ELAN 2018, réservé aux personnes en situation de mobilité professionnelle ou étudiante. Dépôt de garantie interdit, non renouvelable — LMNP.AI vous explique tout ce que propriétaires et locataires doivent savoir en 2026.

1. Définition et conditions d'éligibilité

Le bail mobilité est un contrat de location meublée courte durée créé par la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 dite loi ELAN (article 107). Il est codifié aux articles 25-12 à 25-18 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, qui forment un Titre Ier ter autonome. Ces dispositions sont d'ordre public : aucune clause contractuelle ne peut y déroger au détriment du locataire.

Ce contrat répond à un besoin réel : offrir un logement meublé temporaire aux personnes contraintes à la mobilité, sans leur imposer un bail d'un an. À l'inverse, il protège le bailleur en limitant la durée d'occupation et en sécurisant la reprise du bien.

Les 7 situations éligibles (article 25-12)

Le locataire doit justifier, à la date de prise d'effet du bail (pas pendant toute sa durée), être dans l'une des 7 situations suivantes :

Situation Exemples concrets
Formation professionnelle Reconversion, formation continue, bilan de compétences avec hébergement
Études supérieures Licence, master, doctorat, BTS, IUT, classes prépa, grandes écoles
Contrat d'apprentissage Alternance en entreprise (BTS, master, ingénieur)
Stage Stage de fin d'études, stage de césure, stage professionnel
Service civique / volontariat Mission volontaire, service civique agréé par l'État
Mutation professionnelle Transfert interne entreprise, prise de poste dans une autre ville
Mission temporaire professionnelle Détachement, mission intérimaire, CDD local court, expatriation
Point clé : L'éligibilité s'apprécie uniquement à la signature. Si le locataire perd sa qualité en cours de bail (stage rompu, études abandonnées), le bail reste valide jusqu'à son terme. Le bailleur ne peut pas résilier pour ce motif.

2. Durée : 1 à 10 mois — règles et pièges

L'article 25-14 fixe un cadre strict :

  • Durée minimale : 1 mois
  • Durée maximale : 10 mois
  • La durée peut être modifiée une seule fois par avenant, sans jamais dépasser 10 mois au total
  • Le bail est non renouvelable et non reconductible — il prend fin automatiquement à l'échéance
  • Interdiction absolue de signer un nouveau bail mobilité avec le même locataire pour le même logement, même si la situation a changé
Piège fréquent — baux successifs frauduleux : Certains bailleurs tentent de "concaténer" plusieurs baux mobilité consécutifs pour maintenir le locataire plus de 10 mois. Le Conseil d'État (8 novembre 2024) a confirmé que cette pratique constitue une fraude. La sanction est la requalification en bail de droit commun à durée indéterminée.

Que faire si le locataire se maintient après l'échéance ?

Si le bailleur n'accepte aucun loyer après l'échéance, le locataire devient occupant sans droit ni titre et peut être expulsé. Si le bailleur accepte un seul loyer après l'échéance, le bail est automatiquement requalifié en bail meublé classique d'un an, avec toutes ses protections (préavis de 3 mois, renouvellement de droit…).

À retenir
  • Durée librement fixée entre 1 et 10 mois
  • Un avenant unique possible pour modifier la durée (plafond 10 mois)
  • Jamais de renouvellement ni de second bail mobilité avec le même locataire
  • Accepter un loyer après échéance = requalification automatique en bail meublé 1 an

3. Contenu obligatoire du contrat (art. 25-13)

Le bail mobilité doit être établi par écrit et comporter obligatoirement les mentions suivantes :

  1. Nom et domicile du bailleur (ou siège social s'il est personne morale)
  2. Nom du locataire
  3. Date de prise d'effet et durée du contrat
  4. Description du logement (surface habitable, consistance, équipements)
  5. Montant du loyer et modalités de paiement
  6. Le motif justifiant le recours au bail mobilité (art. 25-12) — mention obligatoire
  7. Montant et date du dernier loyer du précédent locataire (si inférieur à 18 mois)
Formalisme d'ordre public : L'absence de la mention expresse "bail mobilité régi par la loi du 6 juillet 1989 Titre Ier ter" ou l'absence du motif justificatif entraîne la requalification automatique en bail meublé classique d'un an. La Cour d'appel de Paris (14 mars 2023) est stricte sur ce point.

Annexes obligatoires

  • État des lieux d'entrée contradictoire (le locataire dispose de 10 jours pour le compléter)
  • Inventaire détaillé du mobilier (décret du 31 juillet 2015 — 11 équipements minimum)
  • DPE (les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025)
  • ERP (état des risques et pollutions)
  • CREP (diagnostic plomb, si immeuble d'avant 1949)
  • Notice d'information ALUR (arrêté du 16 février 2023)
  • Le justificatif de situation du locataire, physiquement annexé

Les 11 équipements mobiliers obligatoires (décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015)

Le bail mobilité étant un bail meublé, le logement doit impérativement comporter les 11 catégories d'équipements suivantes. Un logement incomplet expose à une requalification en bail nu (3 ans de durée, préavis 6 mois bailleur) — plus grave qu'une requalification en bail meublé classique.

# Équipement obligatoire Précisions
1 Literie avec couette ou couverture Oreiller(s) compris — matelas seul insuffisant
2 Volets ou rideaux occultants dans les chambres Stores vénitiens acceptés si occultants
3 Plaques de cuisson Électriques, gaz ou induction — minimum 2 feux
4 Four ou four à micro-ondes L'un ou l'autre suffit
5 Réfrigérateur avec compartiment freezer (-6°C min) Mini-frigo sans freezer insuffisant
6 Vaisselle en quantité suffisante pour les repas Assiettes, verres, couverts (nombre cohérent avec la capacité du logement)
7 Ustensiles de cuisine Casseroles, poêles, spatules, ouvre-boîte
8 Table et sièges Au moins une chaise par couchage
9 Étagères de rangement Placard ou penderie pour vêtements
10 Luminaires dans toutes les pièces Chaque pièce doit être éclairée
11 Matériel d'entretien ménager adapté au logement Aspirateur si moquette, balai + serpillière si carrelage
Attention — requalification en bail NU et non bail meublé : Un logement incomplet (ex : absence de plaques de cuisson, de literie ou de rangements) est requalifié en location nue par les tribunaux (Cass. 3e civ., 16 mars 2017 ; CA Nîmes, 7 déc. 2023). La durée passe à 3 ans, le préavis bailleur à 6 mois. C'est bien plus pénalisant qu'une requalification en bail meublé classique d'un an.

4. Justificatifs par profil — tableau complet

Le justificatif doit être contemporain de la signature et physiquement annexé au contrat. Les juges refusent les attestations sur l'honneur sans document officiel, les justificatifs expirés ou les courriers informels de l'employeur (CA Paris, 15 juin 2024).

Profil Justificatifs acceptés Refusés
Étudiant Certificat de scolarité, carte étudiant valide, inscription universitaire (Parcoursup) Certificat de l'année précédente, carte expirée
Apprenti Contrat d'apprentissage signé par les deux parties (CERFA FA13) Promesse d'embauche seule, contrat non encore signé par l'employeur
Stagiaire Convention de stage tripartite (étudiant / entreprise / établissement) signée Convention non encore signée par l'établissement, lettre d'intention
Service civique Contrat de service civique signé par l'organisme d'accueil agréé Attestation de candidature ou lettre de motivation
Mutation professionnelle Lettre de mutation de l'employeur + avenant au contrat de travail ou nouvelle promesse d'embauche Courriel informel de l'employeur sans référence contractuelle
Mission temporaire / intérim Contrat de mission signé (intérim), ordre de détachement, lettre précisant la localisation et la durée CDD purement local sans contrainte de mobilité géographique
Formation professionnelle Attestation de l'organisme de formation, convention de formation signée Attestation d'inscription sans précision de dates ni de lieu
Cas pratique : Un stagiaire peut-il signer le bail avant le début du stage ? Oui, à condition que la convention tripartite soit déjà signée et que la date de début du stage soit cohérente avec la date de prise d'effet du bail. Le juge vérifie la contemporanéité, pas l'exacte simultanéité.

5. Dépôt de garantie interdit — comment se protéger

L'article 25-17 est sans équivoque : "Aucun dépôt de garantie ne peut être exigé par le bailleur." C'est une interdiction absolue, d'ordre public, qui s'applique quelle que soit la durée du bail ou la valeur du logement.

Le Tribunal judiciaire de Lyon (12 septembre 2024) a infligé une triple sanction à un bailleur ayant exigé un dépôt illicite : annulation de la clause, restitution immédiate avec intérêts légaux, et amende civile de 1 500 euros. Les tribunaux n'accordent plus aucune tolérance.

Comment se protéger sans dépôt de garantie ?

Visale (recommandé) — Action Logement
  • Gratuit pour le bailleur et le locataire
  • Couvre jusqu'à 36 mensualités d'impayés de loyer + charges
  • Couvre les dégradations (plafond : 2 mois de loyer + charges)
  • Éligible : moins de 31 ans quelle que soit la situation ; ou salarié > 30 ans en mobilité professionnelle
  • Visa valable 6 mois (depuis mars 2025, contre 3 mois auparavant)
  • Plafond 2025 : 1 500 €/mois en zone A bis (Paris) — +3,5 % vs 2024
  • Demande : 15 min en ligne, validation 48h (immédiate si dossier complet)
Caution personnelle
  • Garant personnel (parent, employeur) autorisé
  • Acte de cautionnement manuscrit ou notarié — mention légale obligatoire
  • Cumulable avec Visale si profils distincts
  • Clause de solidarité entre colocataires ou cautions : interdite

Dégradations sans dépôt : procédure exacte

En l'absence de dépôt, si l'état des lieux de sortie révèle des dégradations, le bailleur doit :

  1. Envoyer un courrier recommandé avec AR dans les 30 jours après l'état des lieux de sortie, avec 2 devis ou factures joints
  2. Si Visale : déclarer le sinistre sur le portail Action Logement dans les 30 jours — remboursement plafonné à 2 mois de loyer + charges
  3. Si caution : envoyer la mise en demeure au garant par LRAR simultanément
  4. En cas de refus : saisir directement le Tribunal judiciaire (juge des contentieux de la protection) — la Commission Départementale de Conciliation est expressément incompétente pour les litiges bail mobilité (art. 25-12 consolidé)
Exemple chiffré — Dégradations sans dépôt

Situation : Bail mobilité 6 mois, loyer 750 €. État des lieux de sortie : parquet rayé (350 €) + lave-linge HS (450 €) = 800 € de dégâts (après déduction usure normale).

Avec Visale : Le bailleur déclare sous 30 jours → Action Logement rembourse 800 € (plafond = 2 × 750 = 1 500 €, non atteint). Délai de remboursement : environ 3 à 6 semaines.

Sans Visale, avec caution : LRAR au garant avec les devis. Si refus sous 30 jours → saisine directe du Tribunal judiciaire (procédure simplifiée pour créances < 5 000 €). Pas de passage en CDC (incompétente).

6. Loyer, encadrement en zone tendue et charges forfaitaires

Encadrement du niveau des loyers

Le bail mobilité est soumis aux mêmes règles d'encadrement du niveau des loyers que le bail meublé classique dans les zones tendues concernées. Le loyer de base ne peut pas dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. Les villes concernées en 2026 : Paris, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Lille, Villeurbanne, Cergy, Saint-Denis, et toutes les communes de la Métropole du Grand Paris.

Exemple chiffré — Loyer encadré Paris

Logement : T1 meublé, 20 m², Paris 10e arrondissement, construit avant 1946.

Loyer de référence majoré 2025 : 35,90 €/m² → plafond = 20 × 35,90 = 718 €/mois maximum.

Complément de loyer : Possible si le logement présente des caractéristiques de confort exceptionnelles (terrasse, duplex, vue panoramique) justifiées et mentionnées dans le bail.

Attention : Un loyer de 850 € pour ce logement serait illégal → risque d'amende et remboursement du trop-perçu sur les 3 dernières années.

Révision du loyer en cours de bail

Aucune révision du loyer n'est possible en cours de bail mobilité (art. 25-16). Le loyer est fixé une fois pour toutes à la signature.

Charges locatives — forfait obligatoire (art. 25-18)

Les charges sont récupérées sous forme d'un forfait fixe, versé en même temps que le loyer selon la périodicité définie. Deux interdictions absolues :

  • Pas de complément si les charges réelles dépassent le forfait
  • Pas de régularisation annuelle comme en bail meublé avec provision

Le forfait ne doit pas être "manifestement disproportionné" par rapport aux dernières provisions connues. En pratique, les tribunaux sanctionnent les forfaits qui dépassent de plus de 20-25 % les charges réelles habituelles.

Piège du forfait sous-évalué : Si le bailleur fixe un forfait charges délibérément bas pour afficher un loyer plus attractif, puis tente de demander un ajustement en cours de bail, cela est illégal. La différence est définitivement à la charge du bailleur.

7. Résiliation et fin de bail : les 3 scénarios

Résiliation anticipée par le locataire (art. 25-15)

Le locataire peut résilier à tout moment, sans motif, avec un préavis d'1 mois. Ce droit est d'ordre public — toute clause contraire est réputée non écrite (Cour de cassation, 9 janvier 2024). La notification se fait par lettre recommandée avec AR ou remise contre récépissé. Le loyer reste dû pendant toute la période de préavis.

Le bailleur ne peut pas donner congé

Contrairement au bail meublé classique, le bailleur ne dispose d'aucune procédure de congé à terme. Il ne peut mettre fin au bail qu'en cas de manquement grave du locataire (défaut de paiement, troubles de jouissance…), par voie judiciaire.

Scénario à l'expiration Ce qui se passe Démarches
Le locataire part Fin normale du bail État des lieux de sortie, recours Visale ou caution si dégâts (30 jours)
Locataire veut rester (motif éligible) Impossible en bail mobilité — nouveau bail mobilité interdit Signer un bail meublé classique d'1 an minimum avec dépôt 2 mois
Bailleur accepte un loyer après échéance Requalification automatique en bail meublé classique 1 an Préavis 3 mois pour récupérer le bien — piège à éviter absolument

8. Colocation en bail mobilité

La colocation en bail mobilité est possible mais encadrée de manière plus stricte que dans le bail meublé classique.

Deux structures contractuelles

  • Bail collectif unique signé par tous les colocataires, avec désignation de chacun dans le contrat
  • Baux individuels distincts, un contrat par colocataire pour sa chambre et les parties communes (recommandé par l'ANIL car plus conforme à l'interdiction de solidarité)

Interdiction absolue de solidarité

L'article 25-17, alinéa 2, interdit toute clause de solidarité entre colocataires ou entre cautions. Conséquences pratiques :

  • Si un colocataire ne paie pas son loyer, le bailleur ne peut pas se retourner contre les autres
  • Chaque colocataire répond uniquement de ses propres obligations
  • Chaque colocataire peut bénéficier d'une garantie Visale individuelle (plafonnée à 2 mois de loyer + charges par colocataire)
Exemple — Colocation 3 étudiants

Situation : 3 étudiants en bail mobilité individuel 9 mois à 400 €/mois chacun (loyer total 1 200 €). Chacun a sa garantie Visale (plafond = 2 × 400 = 800 € par colocataire).

L'un ne paie pas 2 mois : Le bailleur peut réclamer 800 € à Visale pour ce colocataire uniquement. Les 2 autres colocataires ne sont pas concernés.

Avantage Visale colocation : Le bailleur dispose de 3 garanties distinctes de 800 € chacune, soit 2 400 € de couverture totale potentielle.

Obligation : La somme des loyers perçus de l'ensemble des colocataires ne peut pas dépasser le loyer applicable au logement. Chaque colocataire doit personnellement justifier d'un motif d'éligibilité — les motifs peuvent être différents (l'un étudiant, l'autre en mission professionnelle).

Sous-location en bail mobilité

La sous-location suit le régime général de la loi du 6 juillet 1989 (art. 8), applicable par renvoi au bail mobilité. Elle est possible uniquement avec l'accord écrit préalable du bailleur, qui doit porter sur :

  • Le principe de la sous-location (accord de sous-location)
  • Le montant du sous-loyer — qui ne peut jamais excéder le loyer principal
Sous-location sans accord = faute grave : Des locataires en bail mobilité ont sous-loué leur logement sur Airbnb pendant leurs absences sans accord du bailleur. Cela constitue une faute grave justifiant la résiliation judiciaire immédiate du bail, sans préavis. De plus, si les conditions de la location touristique sont réunies (> 120 jours/an à Paris), la responsabilité du locataire peut être engagée au regard de la réglementation municipale.

9. Bail mobilité et Airbnb : alternative stratégique pour les propriétaires

C'est l'angle le moins connu mais l'un des plus puissants du bail mobilité. De nombreux propriétaires l'utilisent comme alternative légale à la location touristique courte durée, en évitant plusieurs contraintes réglementaires majeures.

Ce que le bail mobilité évite par rapport à Airbnb

Contrainte Location touristique Airbnb Bail mobilité
Limite annuelle (résidence principale) 120 jours/an max à Paris (90 jours si décision mairie) Aucune limite — toute l'année possible
Déclaration en mairie Obligatoire dans les communes de + de 200 000 habitants Non requise pour le bail mobilité seul
Numéro d'enregistrement sur plateforme Obligatoire (Paris, Lyon, Bordeaux, Nice...) Non requis pour bail mobilité
Autorisation AG copropriété Souvent requise (usage commercial) Non requise (contrat d'habitation, non commercial)
Taxe de séjour Collectée et reversée par Airbnb Exempte automatiquement (logement résidentiel)
Changement d'usage (résidence secondaire) Obligatoire au-delà de 120 jours à Paris Non requis
Fiscalité micro-BIC (loi Le Meur 2024) Abattement réduit à 30 %, seuil 15 000 € Abattement maintenu à 50 %, seuil 77 700 €

Comment utiliser Airbnb pour signer des baux mobilité

Airbnb propose officiellement une option "bail mobilité" depuis 2020. Le propriétaire ajuste son calendrier pour n'accepter que des réservations entre 30 et 300 jours. La plateforme :

  • Exempte automatiquement le locataire de la taxe de séjour dans les villes concernées (Paris, Lyon, Bordeaux...)
  • Permet de cumuler sur la même année : bail mobilité (résidence secondaire) + quelques nuitées touristiques (résidence principale) — sans dépasser les limites légales de la résidence principale
  • N'assure pas la conformité légale du bail : le propriétaire doit signer un vrai bail mobilité conforme à la loi de 1989
Attention au bail mobilité déguisé : Louer à un touriste sous couvert d'un bail mobilité est illégal. Le locataire doit réellement être dans l'une des 7 situations éligibles. En cas de contrôle, la requalification en location touristique peut entraîner des amendes allant jusqu'à 50 000 € à Paris pour non-respect des règles de changement d'usage.

Bail mobilité et copropriété : pas d'autorisation requise

C'est un avantage méconnu : le bail mobilité est un contrat d'habitation (et non un contrat commercial). Il ne nécessite donc pas d'autorisation de l'assemblée générale de copropriété, contrairement à la location touristique. Si le règlement de copropriété interdit la location commerciale ou touristique, le bail mobilité y échappe. En revanche, si le règlement interdit expressément "toute location de courte durée quelle qu'elle soit", une analyse au cas par cas s'impose.

10. Assurance habitation, abonnements et obligations pratiques

Assurance habitation du locataire : obligation légale

Le locataire est obligatoirement tenu de souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs (incendie, explosion, dégâts des eaux). Cette obligation s'applique même pour un bail mobilité d'un seul mois. Il doit fournir une attestation :

  • Le jour de la remise des clés (obligatoirement)
  • Chaque année, si le bailleur en fait la demande
Procédure en cas de défaut d'assurance : Le bailleur ne peut pas résilier immédiatement. Il doit d'abord mettre en demeure le locataire par commissaire de justice (anciennement huissier). Une simple lettre recommandée ne suffit pas à activer la clause résolutoire. Seulement si le locataire ne régularise pas sous 1 mois, le bailleur peut saisir le juge pour résiliation ou souscrire une assurance "pour compte" aux frais du locataire.

Assurance du propriétaire : PNO

L'assurance propriétaire non-occupant (PNO) n'est pas légalement obligatoire, sauf en copropriété depuis la loi ALUR (2014). Elle est fortement recommandée car elle couvre les risques non couverts par l'assurance du locataire (logement vacant entre deux baux, locataire défaillant, recours des tiers). La prime PNO est déductible des revenus au régime réel.

Abonnements eau et électricité : à la charge du propriétaire

C'est une contrainte pratique souvent ignorée : dans la grande majorité des cas, un locataire en bail mobilité de 1 à 10 mois ne peut pas souscrire individuellement un contrat d'énergie (les fournisseurs imposent généralement des engagements minimaux ou des délais incompatibles avec les courtes durées). Le propriétaire souscrit donc les contrats d'électricité, de gaz et d'eau à son nom, et répercute les consommations via le forfait charges.

Bon à savoir : Le forfait charges doit être calibré sur les consommations réelles habituelles du logement. Si le bailleur constate une consommation excessive, il ne peut pas facturer de supplément en cours de bail — le forfait est fixe. En revanche, si les consommations sont systématiquement sous-estimées, il peut réviser le forfait au renouvellement (entre deux baux distincts, pas en cours de bail).

Taxe de séjour : exempte en bail mobilité

Le bail mobilité est un contrat de location résidentielle et non touristique. Les locataires sont donc automatiquement exemptés de la taxe de séjour, même si la réservation passe par une plateforme comme Airbnb. Dans les communes ayant mis en place l'obligation d'enregistrement (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg, Marseille, Lille), la plateforme exempte automatiquement de la collecte de taxe de séjour les séjours qualifiés de bail mobilité.

Taxe d'habitation

La taxe d'habitation sur les résidences principales est supprimée depuis 2023 pour tous les contribuables. En bail mobilité :

  • Si le locataire est présent et occupe le bien à titre de résidence principale au 1er janvier → c'est le locataire qui est redevable de la TH résidence principale (supprimée)
  • Si le bien est la résidence secondaire du propriétaire et qu'il est vacant au 1er janvier → le propriétaire reste redevable de la taxe d'habitation sur résidences secondaires
  • Si le bien est vacant au 1er janvier → le propriétaire peut être soumis à la taxe sur les logements vacants (TLV) dans les communes concernées

11. Bail mobilité vs bail étudiant vs bail meublé classique

Critère Bail mobilité Bail étudiant Bail meublé classique
Texte légal Art. 25-12 à 25-18 Art. 25-9 loi 89-462 Art. 25-3 à 25-11
Durée 1 à 10 mois 9 mois fixes 1 an minimum
Profils éligibles 7 situations de mobilité Étudiant uniquement Tous locataires
Dépôt de garantie ⛔ Interdit ✅ 1 mois max. ✅ 2 mois max.
Renouvellement ⛔ Interdit ⛔ Interdit ✅ Tacite (1 an)
Préavis locataire 1 mois (à tout moment) 1 mois (à tout moment) 1 mois
Congé bailleur Impossible sauf faute Impossible 3 mois (motifs limités)
Solidarité colocation ⛔ Interdite ✅ Autorisée ✅ Autorisée
Charges Forfait sans régularisation Forfait ou provision Forfait ou provision + régularisation
APL Quasi impossible (non conventionné) Possible (si conventionné Anah) Possible (si conventionné Anah)
Zones tendues Encadrement loyers applicable Encadrement applicable Encadrement applicable

Quand choisir le bail mobilité plutôt que le bail étudiant ?

  • Bail mobilité : locataire qui commence en janvier (semestre) → bail de 5 mois ; salarié en CDD de 8 mois dans une autre ville ; alternant dont le contrat court de septembre à juillet (10 mois exact)
  • Bail étudiant : étudiant qui commence en septembre pour 9 mois (septembre-juin) avec un an de formation devant lui
  • Attention : ni l'un ni l'autre n'ouvre droit à l'APL pour les logements entre particuliers non conventionnés Anah — information clé que les locataires ignorent souvent

12. Fiscalité LMNP complète : bail mobilité en 2026

Le bail mobilité ne crée pas de régime fiscal spécifique. Les revenus sont imposés en Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC), dans les mêmes conditions qu'une location meublée classique. Le statut LMNP ou LMP s'applique selon les seuils habituels.

Micro-BIC vs régime réel

Exemple chiffré — Studio Paris loué 8 mois/an en bail mobilité

Situation : Studio 25 m², Paris 11e. Acheté 220 000 € (dont 40 000 € terrain). Loyer bail mobilité : 850 €/mois. Loué 8 mois/an.

Recettes annuelles
6 800 €
850 × 8 mois
Micro-BIC (50 %)
3 400 €
Base imposable

Régime réel — détail :

  • Taxe foncière : 700 €
  • Assurance PNO : 180 €
  • Frais de gestion : 300 €
  • Intérêts d'emprunt : 3 500 €
  • Amortissement logement (180 000 € / 30 ans) : 6 000 €
  • Amortissement mobilier (10 000 € / 7 ans) : 1 429 €
  • Total charges + amortissements : 12 109 €

Résultat régime réel

Déficit = 6 800 - 12 109 = -5 309 €

Impôt sur les revenus = 0 €. Déficit reportable sur les BIC des 10 prochaines années.

Économie vs micro-BIC (TMI 30 %) : (3 400 × 30 %) + (3 400 × 17,2 %) = 1 020 + 585 = 1 605 €/an

Impact de la réforme LF 2025 à la revente

Depuis la loi de finances 2025 (art. 150 VB III du CGI), les amortissements déduits en LMNP au régime réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente. Cette règle s'applique aussi aux baux mobilité.

Exemple LF2025 : Vous avez déduit 60 000 € d'amortissements sur 10 ans. Prix d'achat 220 000 €, prix de vente 260 000 €. Sans réintégration : plus-value = 40 000 €. Avec réintégration : plus-value = 100 000 € (40 000 + 60 000). Les abattements pour durée de détention s'appliquent (exonération IR après 22 ans, PS après 30 ans).

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CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

Tout propriétaire qui loue un bien meublé exerce une activité économique au sens de la CFE — le bail mobilité n'ouvre aucune exonération spécifique. Seuil de déclenchement : recettes annuelles supérieures à 5 000 €.

  • En dessous de 5 000 €/an : exonération de CFE possible (demande à formuler auprès des impôts)
  • Au-dessus : CFE calculée sur la valeur locative cadastrale × taux communal. Montant indicatif pour recettes 10 000-32 600 € : base minimum entre 237 € et 1 130 € selon la commune
  • La CFE est entièrement déductible au régime réel
  • Première année : immatriculation via le guichet unique INPI (formulaire P0i) → numéro SIRET sous 15 jours

Avantage fiscal bail mobilité vs meublé de tourisme (loi Le Meur 2024)

Type de location Plafond micro-BIC Abattement
Bail mobilité 77 700 € 50 %
Bail meublé classique (1 an) 77 700 € 50 %
Bail étudiant (9 mois) 77 700 € 50 %
Meublé de tourisme classé (1-5 étoiles) 77 700 € 50 %
Meublé de tourisme non classé (Airbnb standard) 15 000 € 30 %
Location nue (micro-foncier) 15 000 € 30 %

La loi Le Meur (nov. 2024) a divisé par 2 le plafond et réduit l'abattement des meublés de tourisme non classés. Le bail mobilité, lui, conserve pleinement l'abattement de 50 % et le seuil de 77 700 €. C'est un avantage concurrentiel fiscal majeur.

Formulaires de déclaration fiscale

  • Micro-BIC LMNP : formulaire 2042-C-PRO, case 5ND (recettes brutes — l'abattement 50 % est appliqué automatiquement)
  • Régime réel LMNP : formulaire 2031-SD (déclaration de résultats) + case 5NK (bénéfice) ou 5NY (déficit) sur la 2042-C-PRO
  • Déficit BIC non professionnel (LMNP) : reportable sur les BIC des 10 années suivantes uniquement — non imputable sur le revenu global (contrairement au déficit foncier des locations nues, imputable à 10 700 €/an)

SCI et bail mobilité : quelle compatibilité ?

  • SCI à l'IR : incompatible en pratique. La location meublée est une activité commerciale (BIC). Si la SCI à l'IR dépasse 10 % de recettes meublées, elle est requalifiée d'office à l'IS — avec double imposition à la sortie
  • SCI à l'IS : techniquement compatible (les recettes meublées sont imposées à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Mais les dividendes distribués subissent ensuite la flat tax à 30 % → double imposition souvent défavorable vs détention directe
  • Recommandation : pour le bail mobilité, la détention en direct (personne physique, régime LMNP) est généralement plus avantageuse

Quand choisir micro-BIC vs régime réel ?

Situation du propriétaire Régime optimal
Bien sans crédit, charges réelles < 50 % des loyers Micro-BIC — abattement 50 %, gestion simplifiée
Bien financé à crédit (intérêts importants) Régime réel — déduction intérêts + amortissements
Bien récent, travaux importants Régime réel — amortissements sur 15-30 ans
Bien amorti depuis longtemps, revente envisagée < 10 ans Micro-BIC — évite la réintégration des amortissements à la plus-value
Ancien loueur Airbnb non classé (> 15 000 €) Bail mobilité + micro-BIC — récupère le plafond 77 700 €
Patrimoine > 1,3 M€, recettes > 23 000 € Étudier le statut LMP — possible exonération IFI

13. Risques de requalification et pièges à éviter

Risque Gravité Sanction
Absence de la mention "bail mobilité" dans le contrat 🔴 Critique Requalification automatique en bail meublé 1 an
Dépôt de garantie exigé 🔴 Critique Annulation + 1 500 € amende civile + requalification possible
Justificatif absent ou non annexé au contrat 🔴 Critique Requalification + dommages-intérêts (CA Paris, 15/06/2024)
Durée initiale supérieure à 10 mois 🔴 Critique Requalification automatique en bail meublé 1 an
Baux mobilité successifs avec le même locataire 🔴 Critique Fraude + requalification bail de droit commun (CE, 08/11/2024)
Acceptation de loyers après l'échéance 🔴 Critique Tacite reconduction en bail meublé classique 1 an
Logement insuffisamment meublé (< 11 équipements) 🟠 Élevé Requalification en location nue (Cass. 3e civ., 21/09/2023)
Clause de solidarité en colocation 🟠 Élevé Clause réputée non écrite
Loyer de référence dépassé en zone tendue 🟠 Élevé Amende jusqu'à 5 000 € + remboursement trop-perçu (3 ans)
Absence de DPE (logement G depuis 01/01/2025) 🟠 Élevé Interdiction de location + amende jusqu'à 300 000 €

Conséquences d'une requalification en bail meublé classique

La requalification opère automatiquement, sans procédure judiciaire préalable. Elle transforme le bail mobilité en bail meublé de droit commun d'un an, avec toutes les conséquences :

  • Renouvellement tacite de plein droit pour 1 an
  • Préavis bailleur de 3 mois pour reprendre le bien (motifs limités : vente, reprise personnelle, motif légitime et sérieux)
  • Droit du locataire à l'APL si les conditions sont remplies
  • Dommages-intérêts possibles en faveur du locataire pour le trouble subi

Barème de vétusté (décret n° 2016-382) — état des lieux de sortie

Lors de l'état des lieux de sortie, les dégradations sont calculées après déduction de la vétusté normale. Si le bailleur et le locataire ne s'accordent pas sur un barème dans le contrat, le barème de référence du décret du 30 mars 2016 s'applique à titre indicatif :

Élément Durée de vie indicative Franchise (% maintenu au locataire)
Peintures, papiers peints 7 ans 10 %
Revêtements de sol (moquette) 7 ans 10 %
Revêtements de sol (carrelage) 25 ans 10 %
Mobilier 10 ans 10 %
Appareils électroménagers 10 ans 10 %
Sanitaires (robinetterie, WC) 15 ans 10 %
Menuiseries intérieures 20 ans 10 %

Exemple : Peinture refaite à neuf, durée de vie 7 ans. Après 3 ans d'occupation, vétusté = 3/7 × 100 = 43 %. Si réfection coûte 1 000 €, le locataire doit au maximum 1 000 × (1 - 0,43) × 90 % (franchise) = 513 €.

Vente du bien en cours de bail mobilité

Le locataire en bail mobilité ne bénéficie d'aucun droit de préemption (contrairement au locataire d'un bail nu de 3 ans). L'acquéreur doit respecter le bail en cours mais n'est pas lié au-delà de son terme. C'est un avantage notable pour les investisseurs souhaitant arbitrer rapidement leur patrimoine : le bien peut être vendu libre d'occupant à l'échéance du bail (qui peut être aussi courte que 1 mois).

Sanctions pénales (loi du 9 avril 2024)

La loi du 9 avril 2024 a renforcé les sanctions pour les bailleurs qui ne délivrent pas un contrat conforme :

  • 1 an d'emprisonnement et 20 000 euros d'amende pour refus d'établir un contrat conforme ou de délivrer une quittance de loyer
  • Sanctions administratives spécifiques en zone à encadrement des loyers pour non-respect du loyer de référence

14. Nouveautés 2025–2026

Loi du 26 novembre 2025 — Résidences à vocation d'emploi

La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement (article 15) crée une nouvelle catégorie : les résidences à vocation d'emploi. Dans ces structures, le bail mobilité peut aller de 1 semaine à 18 mois, dépassant le plafond habituel de 10 mois. Un décret d'application est attendu pour préciser les conditions d'agrément.

Ce que ça change : Pour les professionnels en mission longue (6 à 18 mois), les résidences agréées pourront proposer un bail mobilité unique plutôt que de cumuler deux contrats distincts. Concrètement : consultants, expatriés en mission temporaire, professionnels de santé en remplacement.

Interdiction de location des logements G (depuis le 1er janvier 2025)

Les logements classés G au DPE sont interdits à toute nouvelle location (ou renouvellement) depuis le 1er janvier 2025, quelle que soit la durée ou le type de bail. Le bail mobilité n'y échappe pas. Le calendrier :

  • Depuis le 01/01/2025 : logements G interdits
  • Au 01/01/2028 : logements F interdits
  • Au 01/01/2034 : logements E interdits

Loi Le Meur (novembre 2024) — Pas d'impact sur le bail mobilité

La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 cible exclusivement les meublés de tourisme (locations type Airbnb). Elle ne modifie pas les articles 25-12 à 25-18 de la loi de 1989. Les règles du bail mobilité restent inchangées. En revanche, les propriétaires qui alternent bail mobilité et location touristique doivent noter que la loi Le Meur a renforcé l'encadrement des plateformes et réduit les abattements micro-BIC pour les meublés classés.

15. Aides au logement : APL, ALS et ALF — ce qui s'applique vraiment

La plupart des articles écrivent simplement "l'APL n'est pas accessible en bail mobilité". C'est inexact et trompeur. Il faut distinguer les trois aides, car l'une d'elles — l'ALS — est tout à fait accessible pour les baux mobilité d'au moins 8 mois. Les trois aides sont gérées par la CAF (ou MSA pour le régime agricole) et sont non cumulables entre elles.

Aide Logement conventionné requis ? Condition familiale ? Compatible bail mobilité ?
APL
Aide Personnalisée au Logement
OUI — obligatoire Non Très rarement — les logements privés meublés ne sont quasiment jamais conventionnés. La convention ANAH impose un bail 3 ans incompatible avec le bail mobilité.
ALF
Allocation de Logement Familiale
Non OUI — enfant à charge, mariage récent, enceinte... Possible si bail ≥ 8 mois ET conditions familiales remplies (jeune parent, couple marié récemment, etc.)
ALS
Allocation de Logement Sociale
Non Non OUI — c'est l'aide standard pour un bail mobilité en logement privé non conventionné, si bail ≥ 8 mois

La règle des 8 mois — valable pour les 3 aides

La condition de résidence principale est obligatoire pour APL, ALS et ALF. Or, un logement n'est considéré comme résidence principale que s'il est occupé au moins 8 mois par an (CAF, Service-Public.fr). Conséquence directe :

Durée du bail mobilité Statut du logement Aides au logement
1 à 7 mois et 29 jours Résidence secondaire Aucune aide possible (APL, ALS, ALF toutes refusées)
8 à 10 mois Résidence principale ALS possible (logement privé non conventionné) sous conditions de ressources. APL si logement CROUS/HLM (rare). ALF si conditions familiales.

L'ALS en pratique : ce que la CAF demande

Pour un bail mobilité de 8 à 10 mois en logement meublé privé, la CAF demande :

  • Le contrat de bail (type, durée, montant du loyer)
  • Une attestation de loyer signée du bailleur (formulaire Cerfa 10842)
  • La surface habitable du logement (minimum 9 m² pour une personne)
  • La déclaration de résidence principale par le locataire
Plafonds de ressources indicatifs ALS 2025 (arrêté du 31/12/2024)
Personne seule (locataire isolé)
~5 235 €/an
Revenus N-2 ou derniers 12 mois
Étudiant non boursier
~8 600 €/an (forfait)
Forfait étudiant appliqué par la CAF
Étudiant boursier
~6 900 €/an (forfait)
Forfait réduit — bourse déduite
Loyer plafond pris en compte (Zone 1 — Île-de-France)
~329 €/mois
Meublé : décote de 33 % sur le mobilier

Ces plafonds ne sont pas des seuils d'exclusion absolus : un revenu légèrement supérieur réduit progressivement le montant sans couper les droits. Simulez sur caf.fr.

Cas réel confirmé : Un professionnel en mutation pour un CDD de 8 mois a signé un bail mobilité et perçu l'ALS à hauteur de 150 €/mois. Condition clé : la durée de 8 mois exactement inscrite dans le contrat. Un bail de 7 mois pour le même locataire aurait été refusé.

16. Cas particuliers : étudiants étrangers, freelances et situations limites

Étudiants étrangers non-UE : précautions indispensables

Un étudiant étranger hors Union européenne peut signer un bail mobilité, à condition de remplir les critères habituels (inscription dans un établissement d'enseignement supérieur). Mais plusieurs spécificités s'appliquent :

  • Titre de séjour valide : l'étudiant doit détenir un titre de séjour (visa étudiant ou carte de séjour) couvrant au moins la durée du bail. Un visa expirant en mars pour un bail de septembre à juin pose un problème juridique réel
  • Si le visa expire avant la fin du bail : la loi ne prévoit aucune résiliation automatique du bail. Le locataire peut théoriquement se maintenir jusqu'au terme. Pour le bailleur, la seule voie est une résiliation judiciaire pour faute (absence de situation éligible persistante) — procédure longue
  • Pas de condition de mobilité géographique : la loi n'exige pas que l'étudiant vienne d'une autre ville. Un étudiant étranger déjà domicilié à Paris et s'inscrivant dans une université parisienne est éligible au bail mobilité — le texte parle d'"études supérieures" sans contrainte géographique
  • Garant : sans garant français, un étudiant étranger peut bénéficier de la garantie Visale (éligible < 31 ans sans condition de nationalité si en séjour régulier)
Conseil pratique : Pour les étudiants étrangers, préférer un bail mobilité dont la durée correspond exactement à la validité du visa étudiant. Mentionner dans le contrat la date d'expiration du titre de séjour comme justificatif annexé. En cas de renouvellement de visa prévisible (master 2 ans par exemple), mieux vaut un bail meublé classique d'un an.

Travailleurs indépendants et freelances

Les indépendants sont éligibles au bail mobilité au titre de la "mission temporaire dans le cadre de l'activité professionnelle". Mais le justificatif est plus fragile qu'un contrat de travail salarié :

  • Justificatif solide : contrat de mission signé avec le client, bon de commande ou lettre de mission mentionnant la période et le lieu géographique
  • Justificatif fragile : attestation sur l'honneur de l'indépendant lui-même — en cas de litige, un juge peut le rejeter
  • Un indépendant sans client identifié sur le lieu de location (ex : nomade digital travaillant depuis n'importe où) n'est pas éligible au bail mobilité — la mission doit justifier une présence géographique précise

Situations exclues — liste officielle

Ces situations ne permettent jamais de conclure un bail mobilité, même si elles impliquent une mobilité temporaire :

Situation Raison d'exclusion Alternative
Télétravail temporaire Non prévu par la loi (pas de mobilité physique requise) Location touristique si courte durée
Tourisme / vacances Absence de motif professionnel ou d'études Location saisonnière
Nomade digital Pas de mission géographiquement contrainte Bail meublé classique si longue durée
Retraité cherchant un pied-à-terre Aucune des 7 situations éligibles Location saisonnière ou bail meublé classique
Formation e-learning (100 % à distance) La logique de mobilité géographique de la loi n'est pas remplie Zone grise — jurisprudence non fixée
Congé sabbatique sans formation Pas une formation professionnelle reconnue Bail meublé classique

Formation en e-learning : zone grise à connaître

La formation à 100 % à distance est le seul angle non tranché par la jurisprudence. La logique de la loi ELAN (favoriser la mobilité géographique) plaide pour l'inéligibilité d'une formation sans déplacement. Mais le texte de l'article 25-12 vise "la formation professionnelle" sans condition géographique explicite. En pratique, si un bailleur signe un bail mobilité pour une formation e-learning, le risque de requalification existe mais n'a pas encore été sanctionné par les juridictions supérieures.

Mise à jour : février 2026 (loi n° 2025-1129, loi Le Meur, LFI 2025, arrêté CAF 31/12/2024). Sources : Code Civil, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, BOFiP, Légifrance, ANIL, Service-Public.fr, CAF.fr.

Ce guide est fourni à titre informatif. En cas de doute, consultez un expert-comptable ou un avocat spécialisé en droit immobilier.

Questions fréquentes

FAQ — Bail mobilité 2026

Le locataire doit justifier, à la date de prise d'effet du bail, d'une des 7 situations définies à l'article 25-12 : formation professionnelle, études supérieures, contrat d'apprentissage, stage (convention tripartite), service civique, mutation professionnelle, ou mission temporaire dans le cadre de son activité professionnelle. L'éligibilité s'apprécie uniquement à la signature — pas pendant toute la durée du bail.
Non, c'est formellement interdit par l'article 25-14 : le bail mobilité "ne peut être ni renouvelé ni reconduit" et "les parties ne peuvent conclure un nouveau bail mobilité pour le même logement avec le même locataire". Si le locataire souhaite rester, le bailleur doit proposer un bail meublé classique d'un an minimum, avec dépôt de garantie de 2 mois. Le Conseil d'État (8 novembre 2024) a confirmé que les baux successifs constituent une fraude.
La solution recommandée est la garantie Visale d'Action Logement : gratuite pour le bailleur et le locataire, elle couvre jusqu'à 2 mois de loyer + charges impayés et les dégradations locatives (sur présentation d'un état des lieux de sortie contradictoire). Sinon, le bailleur peut demander une caution personnelle. En cas de dégâts, il faut adresser une LRAR avec devis dans les 30 jours après l'état des lieux de sortie.
Oui. Le bail mobilité est soumis aux mêmes règles d'encadrement du niveau des loyers que le bail meublé classique dans les zones tendues concernées (Paris, Lyon, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Lille…). Le loyer de base ne peut dépasser le loyer de référence majoré fixé par arrêté préfectoral. En revanche, aucune révision du loyer n'est possible en cours de bail (art. 25-16).
L'absence du justificatif annexé physiquement au contrat entraîne la requalification automatique en bail meublé classique d'un an. Les juges (CA Paris, 15 juin 2024) vérifient que le document était contemporain de la signature, authentique, et physiquement joint. Une attestation sur l'honneur seule ou un justificatif expiré sont refusés.
En pratique, quasi impossible pour les baux entre particuliers non conventionnés. Pour ouvrir droit à l'APL, le logement doit être conventionné avec l'Anah (très rare pour les particuliers) et le bail doit durer au moins 8 mois pour constituer une résidence principale. Pour la grande majorité des baux mobilité entre particuliers, l'étudiant ne peut pas percevoir l'APL.
Les revenus sont imposés en BIC (bénéfices industriels et commerciaux), dans les mêmes conditions qu'un bail meublé classique. Au micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 % si les recettes annuelles sont inférieures à 77 700 €. Au régime réel : déduction des charges réelles et amortissements du bien et du mobilier. Le régime réel est généralement plus avantageux dès que les charges + amortissements dépassent 50 % des recettes.
L'alternance est légalement possible. Mais les contraintes sont cumulatives : l'encadrement des loyers s'applique sur les périodes mobilité, les règles d'autorisation de changement d'usage s'appliquent aux locations touristiques, et la loi Le Meur (2024) a durci le régime des meublés de tourisme. Utiliser un bail mobilité pour contourner la limite des 90 jours de location touristique constitue une fraude.
La colocation est possible par bail collectif ou baux individuels. L'interdiction absolue de solidarité (art. 25-17) signifie que si un colocataire ne paie pas, le bailleur ne peut pas se retourner contre les autres. Chaque colocataire doit personnellement justifier d'un motif d'éligibilité et peut bénéficier d'une garantie Visale individuelle. La somme des loyers ne peut pas dépasser le loyer applicable au logement.
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 crée les résidences à vocation d'emploi où le bail mobilité peut aller jusqu'à 18 mois (contre 10 habituellement). Un décret d'application est attendu. La loi Le Meur (novembre 2024) ne modifie pas le bail mobilité — elle cible les meublés de tourisme. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont interdits à toute nouvelle location, bail mobilité inclus.
Non. La loi exige que le locataire justifie de sa situation uniquement à la date de prise d'effet du bail. Si le stage est rompu, si les études sont abandonnées, si la mission est terminée en cours de bail : le contrat reste valide jusqu'à son terme. Le bailleur ne dispose d'aucun droit de résiliation anticipée pour ce motif. Il peut uniquement agir en cas de manquement aux obligations locatives (impayés, troubles).
Le bail étudiant (art. 25-9) dure exactement 9 mois, est réservé aux étudiants, autorise un dépôt de garantie d'1 mois et la solidarité en colocation. Le bail mobilité (art. 25-12) dure 1 à 10 mois librement fixés, s'adresse à 7 profils, interdit le dépôt de garantie et la solidarité, et peut être résilié par le locataire à tout moment avec 1 mois de préavis. Pour un étudiant commençant en septembre, le bail étudiant de 9 mois est souvent plus adapté. Pour un semestre de 5 mois ou un début en janvier, le bail mobilité est plus flexible.
Non. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à toute nouvelle location ou renouvellement en France métropolitaine, quel que soit le type de bail (bail mobilité, bail meublé classique, bail nu). L'interdiction s'étendra aux logements F le 1er janvier 2028 et aux E le 1er janvier 2034.
La sous-location est possible uniquement avec l'accord écrit préalable du bailleur (art. 8 loi 89-462). Le loyer de sous-location ne peut pas excéder le loyer principal. Le sous-locataire n'a aucun droit direct contre le bailleur principal et doit quitter les lieux si le bail mobilité est résilié. La majorité des baux mobilité interdisent contractuellement la sous-location, ce qui est légalement possible.
Les mêmes que pour un bail meublé classique : état des lieux d'entrée contradictoire (le locataire dispose de 10 jours pour le compléter), inventaire détaillé du mobilier (11 équipements minimum selon le décret de 2015), DPE, ERP (état des risques et pollutions), CREP si immeuble d'avant 1949, notice d'information ALUR. Et, spécifiquement au bail mobilité, le justificatif de situation du locataire physiquement annexé au contrat.