Impayés de loyer en location meublée : procédure, coûts réels et fiscalité LMNP (2026)
En cas de loyer impayé en location meublée, le propriétaire doit suivre une procédure légale qui dure en moyenne 12 à 24 mois et coûte entre 1 500 et 8 000 EUR. D'après LMNP.AI, les frais de procédure (avocat, commissaire de justice) sont intégralement déductibles au régime réel BIC, et les loyers impayés peuvent être neutralisés fiscalement via une provision pour créances douteuses (art. 39-1-5° CGI).
Ce guide est le seul en France à traiter les impayés spécifiquement sous l'angle de la location meublée et de la fiscalité LMNP. La loi Kasbarian (27 juillet 2023), la réforme de la saisie sur rémunérations (2025) et les évolutions Visale 2026 sont intégrées. Rédigé par LMNP.AI, il croise droit du bail, procédure d'expulsion, assurances et traitement comptable.
Sommaire
- Bail meublé vs bail nu : ce qui change pour les impayés
- Prévenir les impayés : les 4 leviers du bailleur
- GLI vs Visale vs caution solidaire (comparatif)
- Procédure d'expulsion : les 5 phases étape par étape
- Combien coûte réellement une procédure ?
- Cas pratique chiffré : loyer 800 EUR, impayé 3 mois
- Loi Kasbarian 2023 : ce qui a changé
- Trêve hivernale : que peut-on faire (et ne pas faire) ?
- Saisie sur rémunération : le levier sous-utilisé
- Fiscalité LMNP des impayés : provision et déductibilité
- Traitement comptable en BIC
- Colocation meublée et solidarité
- Location saisonnière : une procédure différente
- Jurisprudence : les décisions clés
- Les 7 erreurs qui annulent la procédure
- FAQ — 20 questions fréquentes
Bail meublé vs bail nu : ce qui change pour les impayés
Contrairement à ce que beaucoup pensent, la procédure d'expulsion est quasiment identique en meublé et en nu. Mais il existe des différences pratiques importantes qui influencent la prévention et la gestion des impayés. Pour tout comprendre sur le cadre du bail meublé, consultez notre guide dédié.
| Critère | Bail meublé | Bail nu |
|---|---|---|
| Dépôt de garantie | 2 mois max (art. 25-6) | 1 mois max |
| Préavis du locataire | 1 mois | 3 mois (1 en zone tendue) |
| Durée du bail | 1 an (9 mois étudiant) | 3 ans (6 ans personne morale) |
| Clause résolutoire | Obligatoire (Kasbarian) | Obligatoire (Kasbarian) |
| Délai commandement payer | 6 semaines | 6 semaines |
| Trêve hivernale | Oui (résidence principale) | Oui |
| Profils locataires typiques | Étudiants, jeunes actifs, mobilité pro | Familles, installation longue durée |
Et le bail mobilité ?
Le bail mobilité (1 à 10 mois, non renouvelable) présente une particularité majeure : aucun dépôt de garantie n'est autorisé (art. 25-13 loi 1989). Le bailleur n'a donc aucun filet en cas d'impayé, sauf Visale — qui est fortement recommandée pour ce type de bail. En cas d'impayé, la procédure classique s'applique (commandement de payer, assignation), mais le bail étant à durée déterminée, il prend fin automatiquement à son terme sans que le bailleur ait besoin de donner congé.
En clair, le meublé offre deux avantages en cas d'impayé : un dépôt de garantie plus élevé (2 mois vs 1 mois) et un turnover plus rapide (bail de 1 an). Mais les profils locataires (étudiants, CDD) sont statistiquement plus à risque d'impayés ponctuels — d'où l'importance de la prévention.
Comment prévenir les impayés en location meublée ?
Mieux vaut prévenir que guérir — et c'est particulièrement vrai quand la "guérison" prend 18 mois et coûte 5 000 EUR. Voici les 4 leviers de prévention classés par ordre d'efficacité.
1. Vérifier la solvabilité du locataire
La règle de base : les revenus nets mensuels du locataire doivent être au moins 3 fois le loyer charges comprises. C'est ce que vérifient les assureurs GLI et c'est le ratio utilisé par tous les professionnels de l'immobilier.
Documents à exiger (liste légale, art. 22-2 loi 1989) : pièce d'identité, 3 derniers bulletins de salaire, contrat de travail ou attestation employeur, dernier avis d'imposition, dernière quittance de loyer. Depuis 2024, vous pouvez vérifier l'authenticité de l'avis d'imposition directement sur impots.gouv.fr.
2. Exiger une garantie (GLI, Visale ou caution)
Autrement dit, ne jamais louer sans filet de sécurité. C'est comme conduire sans assurance : légalement possible, mais financièrement suicidaire. Les détails du comparatif sont dans la section suivante.
3. Inclure une clause résolutoire dans le bail
Depuis la loi Kasbarian (27 juillet 2023), cette clause est obligatoire dans tout nouveau bail. Elle prévoit la résiliation automatique du bail en cas de défaut de paiement après un commandement de payer resté sans effet pendant 6 semaines. Sans elle, vous devez demander la résiliation judiciaire au juge — une procédure beaucoup plus longue.
4. Réagir dès le premier impayé
Ne laissez jamais un impayé s'installer. La relance doit partir dans les 8 jours, la mise en demeure LRAR dans les 15 jours. La plupart des contrats GLI exigent une déclaration de sinistre dans les 15 jours suivant le 1er impayé — passé ce délai, l'assureur peut refuser l'indemnisation.
GLI, Visale ou caution solidaire : quel bouclier choisir ?
Les trois garanties les plus courantes fonctionnent très différemment. Concrètement, la GLI (Garantie Loyers Impayés) est une assurance que vous payez, Visale est une caution gratuite de l'État, et la caution solidaire est un garant physique (parent, proche). Pour plus de détails sur les assurances, consultez notre guide assurance PNO et GLI LMNP.
| Critère | GLI | Visale | Caution solidaire |
|---|---|---|---|
| Coût pour le bailleur | 2,5 à 3,5 % du loyer/an | Gratuit | Gratuit |
| Éligibilité locataire | Taux effort < 33 %, CDI préféré | < 30 ans tous, > 30 ans salariés modestes | Solvabilité du garant |
| Durée couverture | Illimitée (tant que le bail dure) | 36 mois max (réforme 2026) | Durée du bail + renouvellements |
| Franchise | 0 à 2 mois selon contrat | Aucune | — |
| Dégradations couvertes | Oui (7 000-10 000 EUR) | Non | Selon engagement |
| Protection juridique | Incluse (avocat + huissier) | Non incluse | Non |
| Déductible LMNP réel | Oui (charge exploitation) | — | — |
| Cumul possible ? | Non avec caution (sauf étudiant) | Non avec GLI | Non avec GLI (sauf étudiant) |
En résumé : pour un LMNP au régime réel, la GLI est souvent le meilleur choix car elle est déductible (ce qui réduit son coût net de 30 à 45 % selon la TMI), couvre les dégradations et inclut la protection juridique. Visale est idéale pour les locataires étudiants ou jeunes actifs — elle est gratuite et sans franchise. La caution solidaire est un complément utile mais ne remplace pas une garantie institutionnelle.
Procédure d'expulsion pour impayés : les 5 phases étape par étape
C'est la partie la plus redoutée par les propriétaires — et à juste titre. La procédure est longue, coûteuse et émotionnellement éprouvante. Mais la connaître en détail permet d'agir vite et d'éviter les erreurs qui l'allongent encore. Voici les 5 phases, avec les délais réels constatés en pratique (pas seulement les délais légaux).
Phase 1 — Phase amiable (1 à 3 mois)
Dès le premier loyer impayé, relancez le locataire par téléphone et par email. Si aucune réponse sous 8 jours, envoyez une mise en demeure par LRAR (lettre recommandée avec accusé de réception) en fixant un délai de 8 jours pour régulariser. Cette mise en demeure n'est pas obligatoire juridiquement, mais elle prouve votre bonne foi devant le juge et est souvent exigée par la GLI pour déclencher l'indemnisation.
Phase 2 — Commandement de payer (6 semaines)
Si la mise en demeure reste sans effet, faites délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (ex-huissier). C'est l'acte juridique qui déclenche la clause résolutoire du bail. Le locataire dispose de 6 semaines pour régulariser (ancien délai de 2 mois réduit par la loi Kasbarian pour les baux post-29/07/2023). Le commissaire de justice doit signaler le commandement à la CCAPEX (Commission de prévention des expulsions) dès que l'impayé atteint 2 mois de loyer.
Phase 3 — Assignation et jugement (3 à 6 mois)
Si les 6 semaines passent sans régularisation, vous saisissez le juge des contentieux de la protection (JCP, juge spécialisé au sein du tribunal judiciaire) via une assignation. L'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience. Le juge peut constater la résiliation du bail et ordonner l'expulsion, ou accorder des délais de paiement au locataire (jusqu'à 1 an pour les baux post-Kasbarian, 3 ans pour les baux antérieurs, conditionné à la reprise du paiement courant).
Phase 4 — Commandement de quitter les lieux (2 mois)
Après le jugement, le commissaire de justice signifie un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose de 2 mois pour partir. Il peut encore saisir le juge de l'exécution pour obtenir un délai de grâce supplémentaire (1 mois à 1 an).
Phase 5 — Recours à la force publique (2+ mois)
Si le locataire ne part toujours pas, le commissaire de justice demande le concours de la force publique au préfet. Le préfet a 2 mois pour répondre. En cas de refus, l'État est responsable et le bailleur peut être indemnisé (indemnisation par le préfet pour les loyers perdus pendant le délai d'attente).
| Étape | Délai réel |
|---|---|
| Phase amiable (relance + mise en demeure) | 1 à 3 mois |
| Commandement de payer | 6 semaines |
| Assignation → audience → jugement | 3 à 6 mois |
| Commandement de quitter les lieux | 2 mois |
| Concours force publique (préfet) | 2 à 6 mois |
| Total sans délai de grâce | 8 à 18 mois |
| + Délai de grâce éventuel | +1 mois à 1 an |
| + Trêve hivernale | +5 mois potentiels |
| Pire cas réaliste | 24 mois+ |
Record national constaté : 39 mois (Sens). Tribunal le plus rapide : Gap (~6 mois). Paris : 18 mois en moyenne. Ces délais sont des moyennes — chaque situation est unique.
En clair : même dans le meilleur des cas, comptez 8 mois minimum entre le premier impayé et la récupération de votre bien. C'est pourquoi la prévention (GLI, vérification de solvabilité) est infiniment plus rentable que la procédure judiciaire. Chaque mois gagné en réagissant vite est un mois de loyer épargné.
Combien coûte réellement une procédure pour impayés ?
C'est la question que personne ne pose avant d'en avoir besoin — et la réponse fait mal. Voici les coûts réels, pas les tarifs théoriques. En clair, préparez un budget de 1 500 à 8 000 EUR selon la complexité. La bonne nouvelle : tous ces frais sont déductibles au régime réel LMNP.
| Poste de dépense | Coût TTC |
|---|---|
| Commandement de payer (commissaire de justice) | 120 à 250 EUR |
| Assignation au tribunal | ~300 EUR |
| Signification du jugement | 150 à 200 EUR |
| Avocat (forfait procédure simple) | 375 à 600 EUR HT |
| Avocat (procédure avec contestation) | 1 500 à 2 000 EUR HT |
| Serrurier (ouverture de porte) | 150 à 300 EUR |
| Déménageur (enlèvement meubles locataire) | 500 à 1 500 EUR |
| Gardiennage/stockage meubles (2 mois légaux) | 200 à 500 EUR/mois |
| Procédure simple sans contestation | ~1 500 EUR |
| Procédure avec contestation | 3 000 à 5 000 EUR |
| Procédure complète avec expulsion physique | 5 000 à 8 000 EUR |
Ces frais sont théoriquement à la charge du locataire débiteur (article 700 du Code de procédure civile). Mais en pratique, un locataire insolvable ne remboursera jamais. C'est pourquoi la GLI avec protection juridique incluse est un investissement, pas une dépense.
Cas pratique chiffré : impayé de 3 mois sur un loyer de 800 EUR
| Poste | Montant |
|---|---|
| Loyers impayés (3 mois x 800 EUR) | -2 400 EUR |
| Commandement de payer | -200 EUR |
| Assignation + signification | -450 EUR |
| Avocat (procédure simple) | -500 EUR |
| Loyers perdus pendant procédure (~6 mois) | -4 800 EUR |
| Perte totale | -8 350 EUR |
| Dépôt de garantie retenu (2 mois) | +1 600 EUR |
| Économie fiscale (charges déductibles au réel, TMI 30 % + PS 17,2 %) | +543 EUR |
| Perte nette finale | -6 207 EUR |
L'économie fiscale est calculée sur les frais de procédure déductibles (1 150 EUR x 47,2 % = 543 EUR). Les loyers impayés eux-mêmes ne génèrent pas d'impôt s'ils font l'objet d'une provision pour créances douteuses au régime réel.
Avec une GLI : l'assureur aurait pris en charge les loyers impayés (2 400 EUR) + les loyers perdus pendant la procédure (4 800 EUR) + les frais juridiques (~1 150 EUR). Coût annuel de la GLI : ~288 EUR (3 % x 800 EUR x 12 mois). Rapport coût/bénéfice : 288 EUR de GLI pour éviter 6 207 EUR de perte.
Loi Kasbarian (27 juillet 2023) : ce qui a changé pour les propriétaires
La loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, dite "loi anti-squat" ou "loi Kasbarian", est la réforme la plus importante du droit des expulsions depuis 20 ans. Concrètement, elle accélère la procédure et durcit les sanctions.
| Mesure | Avant Kasbarian | Depuis Kasbarian |
|---|---|---|
| Délai commandement de payer | 2 mois | 6 semaines |
| Clause résolutoire | Facultative | Obligatoire (nouveaux baux) |
| Condition pour délai de grâce | Aucune | Reprise du loyer courant obligatoire |
| Squat d'un domicile | 1 an + 15 000 EUR | 3 ans + 45 000 EUR |
| Maintien après jugement d'expulsion | — | Nouveau délit : 7 500 EUR d'amende |
En résumé, la loi Kasbarian raccourcit les délais (6 semaines au lieu de 2 mois), oblige à inclure la clause résolutoire dans les nouveaux baux, et conditionne les délais de grâce à la reprise du paiement courant. C'est un rééquilibrage en faveur des propriétaires, mais il ne s'applique pleinement qu'aux baux signés après le 29 juillet 2023.
Statistiques 2024 : 24 556 expulsions par la force publique réalisées, soit une hausse de +29 % en un an — un record historique qui reflète l'accélération des procédures post-Kasbarian.
Trêve hivernale : que peut-on faire (et ne pas faire) ?
La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) est souvent mal comprise. Beaucoup de propriétaires pensent que toute procédure est suspendue — c'est faux. Seule l'exécution physique de l'expulsion est interdite. Le reste continue normalement.
- Envoyer la mise en demeure
- Faire délivrer le commandement de payer
- Assigner en justice
- Obtenir un jugement d'expulsion
- Saisir le salaire du locataire (depuis 2025)
- Exécuter l'expulsion physique
- Couper l'eau, le gaz ou l'électricité
- Changer les serrures
Exceptions à la trêve (l'expulsion reste possible) : squatteurs entrés par effraction (loi Kasbarian), relogement assuré, logement dangereux (arrêté de péril), violences conjugales. Les locations saisonnières ne sont pas concernées par la trêve (pas de résidence principale).
Saisie sur rémunération : le levier sous-utilisé qui fonctionne même pendant la trêve
Depuis la réforme du 1er juillet 2025, la saisie sur rémunération a été profondément simplifiée. Concrètement, c'est un mécanisme qui permet de prélever directement une partie du salaire du locataire chaque mois, à la source chez son employeur. C'est comme un prélèvement automatique imposé par la justice — le locataire ne peut pas s'y opposer une fois la procédure lancée. Et surtout : elle continue de fonctionner pendant la trêve hivernale, car ce n'est pas une expulsion.
Ce qui a changé depuis le 1er juillet 2025
La procédure a été déjudiciarisée (décret n° 2025-125 du 12 février 2025). En clair, c'est désormais le commissaire de justice (ex-huissier) qui pilote l'intégralité de la saisie, sans repasser devant le juge. L'ancienne audience de conciliation obligatoire a été supprimée. Un registre numérique centralise toutes les opérations.
La procédure en 4 étapes
- Obtenir un titre exécutoire (préalable) : jugement du tribunal, ordonnance d'injonction de payer ou acte notarié. Délai : 2 à 8 mois selon la juridiction.
- Commandement de payer par le commissaire de justice → le locataire a 1 mois pour payer ou contester.
- Signification à l'employeur dans les 3 mois → l'employeur est informé des montants à retenir chaque mois.
- Prélèvements mensuels → l'employeur retient la quotité saisissable et la verse au commissaire de justice, qui la reverse au bailleur.
Délai pratique : si le titre exécutoire existe déjà, comptez environ 2 à 3 mois entre le commandement et le premier prélèvement effectif. Coût pour le bailleur : 130 à 200 EUR de frais de commissaire de justice (récupérables sur le débiteur).
Combien peut-on saisir concrètement ?
Le salaire n'est pas saisissable en totalité — un barème progressif protège le locataire (art. R3252-2 du Code du travail, barème 2026). Le principe est simple : plus le salaire est élevé, plus la fraction saisissable est importante. Le locataire conserve au minimum 646,52 EUR (montant du RSA).
| Salaire net mensuel | Montant saisissable/mois | Le locataire conserve | Mois pour récupérer 3 000 EUR |
|---|---|---|---|
| 1 500 EUR | ~235 EUR | ~1 265 EUR | ~13 mois |
| 2 000 EUR | ~450 EUR | ~1 550 EUR | ~7 mois |
| 2 500 EUR | ~850 EUR | ~1 650 EUR | ~4 mois |
| 3 000 EUR | ~1 350 EUR | ~1 650 EUR | ~2 mois |
En clair : pour un locataire qui gagne 2 000 EUR net et qui vous doit 3 000 EUR de loyers impayés, vous récupérez environ 450 EUR par mois pendant 7 mois. C'est lent mais régulier et garanti — contrairement à une saisie sur compte bancaire qui dépend du solde au moment de la saisie.
Limites à connaître
- Locataire auto-entrepreneur ou indépendant : la saisie sur rémunération est inapplicable (pas d'employeur tiers). Il faut recourir à la saisie-attribution sur compte bancaire.
- Changement d'employeur : la saisie est suspendue. Le créancier doit identifier le nouvel employeur et faire signifier un nouveau PV. Plusieurs semaines de délai.
- CDD / intérim : la saisie fonctionne mais s'interrompt à la fin du contrat. Elle reprend si le locataire retrouve un emploi.
- Fonctionne pendant la trêve hivernale
- Déjudiciarisée depuis juillet 2025 (commissaire de justice seul)
- Recouvrement régulier et prévisible (chaque mois)
- Titre exécutoire toujours obligatoire (jugement ou injonction de payer)
- Inapplicable aux indépendants et auto-entrepreneurs
Quel est le traitement fiscal des impayés en LMNP ?
C'est l'angle que personne ne traite — et pourtant, il change la donne. En LMNP au régime réel, les impayés ne sont pas une perte sèche : ils peuvent être neutralisés fiscalement et les frais de procédure sont déductibles. Pour le détail des charges, consultez notre guide charges déductibles en LMNP. Et pour comprendre la différence entre les deux régimes, voir micro-BIC LMNP.
| Élément | Micro-BIC | Régime réel BIC |
|---|---|---|
| Loyers à déclarer | Uniquement les loyers encaissés | Loyers dus (créances acquises, art. 38-2 bis CGI) |
| Provision créances douteuses | Impossible | Oui, déductible (art. 39-1-5° CGI) |
| Frais procédure (avocat, huissier) | Non déductibles individuellement | Intégralement déductibles |
| Prime GLI | Non déductible individuellement | Déductible (charge exploitation) |
| Indemnité d'occupation | Imposable si encaissée | Imposable (produit BIC) |
En clair, au micro-BIC, vous ne déclarez que ce que vous encaissez — donc pas d'impôt sur les loyers impayés, mais aucune déduction des frais de procédure. Au régime réel, vous déclarez les loyers dus (même non encaissés), mais vous pouvez constituer une provision pour neutraliser l'imposition ET déduire tous les frais de recouvrement. Le régime réel est plus avantageux dès lors que vous avez des impayés significatifs.
Comment comptabiliser les impayés en LMNP au régime réel ?
Si vous utilisez un logiciel comme LMNP.AI, les écritures sont gérées automatiquement. Mais voici le mécanisme pour comprendre ce qui se passe dans votre liasse fiscale (formulaires 2031/2033).
Une provision pour créances douteuses, en langage simple, c'est un message envoyé au fisc qui dit : "je ne toucherai probablement jamais cet argent, donc ne m'imposez pas dessus". C'est le mécanisme qui évite de payer des impôts sur des loyers que vous n'avez jamais encaissés. En comptabilité, chaque opération est enregistrée par deux lignes (un débit et un crédit) — si vous utilisez LMNP.AI, tout cela est automatique.
Étape 1 : Reclassement en créance douteuse
Quand un locataire ne paie plus et que vous avez engagé des démarches de recouvrement, le loyer passe de "client normal" à "client douteux" en comptabilité.
Écriture : débit compte 416 (Clients douteux) / crédit compte 411 (Clients)
Étape 2 : Constitution de la provision
Vous constituez une provision qui réduit votre résultat imposable du montant des loyers probablement perdus.
Écriture : débit compte 68174 (Dotation provisions créances) / crédit compte 491 (Provision dépréciation clients)
Étape 3 : Si le locataire finit par payer (reprise)
Écriture : débit compte 491 / crédit compte 78174 (Reprise provision) — la provision est annulée et le produit réintégré.
Étape 4 : Si la créance est définitivement perdue
Écriture : débit compte 654 (Pertes sur créances irrécouvrables) / crédit compte 416 — puis reprise de la provision (débit 491 / crédit 78174).
Colocation meublée : qui paie quand un colocataire ne paie pas ?
Tout dépend d'une seule chose : le bail contient-il une clause de solidarité ? Sans elle, chaque colocataire ne doit que sa quote-part — et vous ne pouvez réclamer le total à personne d'autre. C'est un piège courant que beaucoup de bailleurs découvrent trop tard.
| Situation | Avec clause de solidarité | Sans clause de solidarité |
|---|---|---|
| 1 colocataire ne paie pas | Réclamez la totalité aux autres | Uniquement sa quote-part |
| Colocataire parti depuis 3 mois | Encore solidaire (< 6 mois) | Plus aucune obligation |
| Colocataire parti + remplaçant | Solidarité cesse immédiatement | — |
| Garant du colocataire parti | Libéré dans les mêmes conditions | — |
La solidarité du colocataire sortant prend fin 6 mois après la date d'effet du congé, ou immédiatement si un nouveau colocataire le remplace au bail (art. 8-1 loi 1989). N'oubliez pas que la solidarité ne se présume pas — si la clause n'est pas dans le bail, elle n'existe pas.
Impayés en location saisonnière : une procédure totalement différente
Si vous louez en courte durée (Airbnb, Booking), les règles changent radicalement. La loi du 6 juillet 1989 ne s'applique pas aux locations saisonnières de moins de 90 jours. Concrètement, il n'y a pas de clause résolutoire légale, pas de trêve hivernale, et pas de protection anti-expulsion.
En cas d'impayé en saisonnier : mise en demeure LRAR → assignation devant le tribunal judiciaire en résolution du contrat (art. 1224 Code civil) → injonction de payer (procédure rapide). La procédure est beaucoup plus courte qu'en bail classique car le locataire n'a pas de droit au maintien dans les lieux.
En pratique, le risque d'impayé en saisonnier est faible car les plateformes (Airbnb, Booking) encaissent le paiement avant l'arrivée du voyageur. Le vrai risque est le squat post-séjour — un voyageur qui refuse de partir. Dans ce cas, la loi Kasbarian (2023) prévoit des sanctions pénales renforcées et l'exclusion de la trêve hivernale.
Jurisprudence : les décisions clés sur les impayés en meublé
La jurisprudence, c'est-à-dire les décisions des tribunaux qui font référence, apporte des précisions essentielles sur l'application de la loi. Voici les arrêts les plus importants pour les propriétaires LMNP.
Loi Kasbarian non rétroactive (Cass. 3e civ., 13 juin 2024, n° 24-70.002)
Le délai de 6 semaines du commandement de payer ne s'applique pas aux baux signés avant le 29 juillet 2023. Pour ces baux, l'ancien délai de 2 mois reste en vigueur.
Exception d'inexécution : le locataire peut invoquer les manquements du bailleur (Cass. 3e civ., 5 mars 2026, n° 24-15.820)
Même si le locataire n'a pas régularisé dans le délai du commandement, il peut invoquer l'exception d'inexécution si le bailleur a manqué à ses obligations (logement non conforme, défaut d'entretien). En clair : si votre logement n'est pas aux normes, le locataire a un argument pour contester l'expulsion.
Logement indécent mais habitable : la clause résolutoire s'applique (Cass. 3e civ., 14 novembre 2024, n° 23-12.650)
Un logement qui présente des défauts (humidité, isolation) mais qui reste habitable ne justifie pas le non-paiement du loyer. Le bailleur peut faire jouer la clause résolutoire malgré l'indécence partielle.
Commandement nul si loyer non exigible (Cass. 3e civ., 27 février 2025, n° 23-17.898)
Le commandement de payer est annulé si le loyer réclamé n'est pas exigible (erreur de calcul, loyer déjà payé, montant contesté). Vérifiez scrupuleusement le décompte avant d'envoyer le commandement.
- Les baux pré-Kasbarian gardent le délai de 2 mois
- Un logement en mauvais état peut bloquer la procédure d'expulsion
- Vérifiez le décompte du commandement de payer au centime près
- Un logement indécent mais habitable ne bloque pas la clause résolutoire
Les 7 erreurs qui annulent la procédure d'expulsion
Un vice de procédure peut réduire à néant des mois d'efforts. Voici les erreurs les plus fréquentes, identifiées par les commissaires de justice et les avocats spécialisés.
- Commandement de payer incomplet : le commandement est nul s'il ne reproduit pas les mentions obligatoires de l'article 24 de la loi 1989 (droit de saisir le FSL, délai de 6 semaines, possibilité de consulter un service social).
- Décompte imprécis : le détail des sommes dues doit être ventilé mois par mois. Un montant global sans détail est insuffisant (CA Paris, 19/10/2022).
- Mauvais délai : appliquer le délai de 6 semaines à un bail signé avant le 29/07/2023 (qui exige 2 mois) annule le commandement.
- Absence de signalement CCAPEX : le commissaire de justice doit signaler le commandement dès que l'impayé atteint 2 mois de loyer. L'omission peut être invoquée par le locataire.
- Notification tardive au préfet : l'assignation doit être notifiée au préfet au moins 6 semaines avant l'audience, sous peine d'irrecevabilité.
- Mauvaise foi du bailleur : le juge peut refuser de constater la clause résolutoire si le logement est indécent, si le bailleur refuse de délivrer des quittances, ou s'il harcèle le locataire.
- Déclaration GLI tardive : dépasser le délai contractuel de déclaration de sinistre (souvent 15 jours) peut entraîner la déchéance de la garantie.
FAQ — 20 questions fréquentes sur les impayés en location meublée
LMNP.AI gère votre comptabilité LMNP — y compris les provisions pour créances douteuses et les frais de procédure déductibles.
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